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STEPHANE REMAEL

 L'Abkhazie à l'heure de Moscou

 

 

C’est un mouchoir de poche explosif, situé entre la Mer Noire et les montagnes du Caucase. En 1993, après une guerre sanglante contre son pays, la Géorgie, la petite région d’Abkhazie a fait sécession. Depuis, elle vit sous embargo international, coupée du monde sauf du grand frère russe. La reconnaissance de son indépendance par Moscou le 26 août 2008 a soulevé un vent d’espoir parmi ses 250 000 habitants. Un an plus tard, la désillusion s’est installée. Seul le Nicaragua a suivi la voie de la Russie. Pour le reste du monde, la perle de la Mer Noire fait encore partie intégrante de la Géorgie. Le Kremlin en profite pour renforcer sa tutelle sur son minuscule voisin. L’ancienne riviera des tsars perd déjà les attributs de sa toute nouvelle souveraineté.

Léna Mauger

Une ligne de cessez-le-feu sépare depuis seize ans l’abkhazie de la géorgie. Cette frontière administrative est gardée par l’armée, géorgienne d’un côté, russo-abkhaze de l’autre. Depuis l’an dernier, les critères de délivrance de laissez-passer se sont durcis.
Sukhoumi, 100.000 habitants, est une capitale endormie. Des immeubles détruits, quelques cafés, cinq grands hôtels, un cinéma, un théâtre, une boîte de nuit, personne dans la rue après minuit.
Quartier de la « ville nouvelle », en périphérie de Soukhumi. La plupart des immeubles sont détruits, ou criblés d’impacts de balles.
La population Abkhaze semble résignée. De facto, Moscou exerce son influence sur la région depuis longtemps déjà. Monnaie, banques, courrier, adresses internet, compagnies de téléphones portables, investissements : tout est russe.
Il est impossible de voyager à l’étranger sans passeport russe.Désormais, 80% de la population en possède un.
Pour la jeunesse abkhaze, sans Moscou point de salut.
Une touriste russe devant le lac Ritza. La moitié des touristes ne vient que pour la journée, en excursion depuis Sotchi, découvrir cette contrée verdoyante.
25% des recettes du pays sont issues du tourisme. Un million de Russes, de classe moyenne-populaire, visitent chaque année l’Abkhazie, rassurés par la présence de leur soldats sur le territoire.
Le héros national Vladislav Ardzinba est le premier président de l'Abkhazie. La communauté internationale n'a reconnu ni sa présidence, ni le référendum sur l'indépendance de l'Abkhazie qu'il a organisé.
Le président de l’Abkhazie, Sergeï Bagapsh, élu démocratiquement en 2005. Cet ancien cadre du parti-communiste vient de signer avec Moscou un traité de coopération renforcé dans les domaines militaires, économique, culturel, d’une durée de 99 ans.
Mémorial dédié aux morts de la guerre de 1992-1993 dans les bureaux de la chaîne de télévision publique abkhaze.
Des militaires abkhazes s’entraînent au centre d’artillerie de Soukhoumi.
Sergeï Shamba, le ministre des affaires étrangères. 
« Les peuples ont les dirigeants qu’ils méritent. Tant que Mikheïl Saakashivili sera au pouvoir, nous ne pourrons discuter avec la Géorgie. »
Candidat aux élections présidentielles de décembre 2009, l’homme d’affaire Beslan Butba est le principal opposant du président sortant. Il a vécu 18 ans à Moscou et y fait son business.
En vertu d’un nouveau traité signé avec Moscou, les militaires abkhazes contrôlent les frontières, les aéroports et les trains conjointement avec les soldats russes.
3600 jeunes ont adhéré à l’Organisation patriotique de la Jeunesse Abkhaze. Ces étudiants qui ont grandi dans l’ombre de Moscou pensent que la communauté internationale finira par reconnaître leur état fantôme. Et remercient le grand frère russe de les avoir reconnus.
Prise de guerre. Les soldats abkhazes montrent fièrement un char pris en août 2008 aux Géorgiens dans la vallée de Kodori, où se trouvait une importante base militaire géorgienne.
Barrage de Tskhinvali. A l’issue de la guerre d’août 2008, la Russie a reconnu l’indépendance d’une autre région située au cœur du territoire géorgien : L’Ossétie du sud.
Khibla, une jeune patriote, veut devenir chef du protocole abkhaze. Elle aussi est déçue de la réaction de la communauté internationale, mais elle mise sur le temps le développement économique de son « pays » pour la convaincre.
Miss Abkhazie devant l’ancien Parlement soviétique, brulé par les Géorgiens pendant la guerre de 1992-1993, et devenu le symbole de Sukhoumi.
Un couple nostalgique du temps où Géorgiens et Abkhazes vivaient en paix.
Une ligne de cessez-le-feu sépare depuis seize ans l’abkhazie de la géorgie. Cette frontière administrative est gardée par l’armée, géorgienne d’un côté, russo-abkhaze de l’autre. Depuis l’an dernier, les critères de délivrance de laissez-passer se sont durcis.
Sukhoumi, 100.000 habitants, est une capitale endormie. Des immeubles détruits, quelques cafés, cinq grands hôtels, un cinéma, un théâtre, une boîte de nuit, personne dans la rue après minuit.
Quartier de la « ville nouvelle », en périphérie de Soukhumi. La plupart des immeubles sont détruits, ou criblés d’impacts de balles.
La population Abkhaze semble résignée. De facto, Moscou exerce son influence sur la région depuis longtemps déjà. Monnaie, banques, courrier, adresses internet, compagnies de téléphones portables, investissements : tout est russe.
Il est impossible de voyager à l’étranger sans passeport russe.Désormais, 80% de la population en possède un.
Pour la jeunesse abkhaze, sans Moscou point de salut.
Une touriste russe devant le lac Ritza. La moitié des touristes ne vient que pour la journée, en excursion depuis Sotchi, découvrir cette contrée verdoyante.
25% des recettes du pays sont issues du tourisme. Un million de Russes, de classe moyenne-populaire, visitent chaque année l’Abkhazie, rassurés par la présence de leur soldats sur le territoire.
Le héros national Vladislav Ardzinba est le premier président de l'Abkhazie. La communauté internationale n'a reconnu ni sa présidence, ni le référendum sur l'indépendance de l'Abkhazie qu'il a organisé.
Le président de l’Abkhazie, Sergeï Bagapsh, élu démocratiquement en 2005. Cet ancien cadre du parti-communiste vient de signer avec Moscou un traité de coopération renforcé dans les domaines militaires, économique, culturel, d’une durée de 99 ans.
Mémorial dédié aux morts de la guerre de 1992-1993 dans les bureaux de la chaîne de télévision publique abkhaze.
Des militaires abkhazes s’entraînent au centre d’artillerie de Soukhoumi.
Sergeï Shamba, le ministre des affaires étrangères. « Les peuples ont les dirigeants qu’ils méritent. Tant que Mikheïl Saakashivili sera au pouvoir, nous ne pourrons discuter avec la Géorgie. »
Candidat aux élections présidentielles de décembre 2009, l’homme d’affaire Beslan Butba est le principal opposant du président sortant. Il a vécu 18 ans à Moscou et y fait son business.
En vertu d’un nouveau traité signé avec Moscou, les militaires abkhazes contrôlent les frontières, les aéroports et les trains conjointement avec les soldats russes.
3600 jeunes ont adhéré à l’Organisation patriotique de la Jeunesse Abkhaze. Ces étudiants qui ont grandi dans l’ombre de Moscou pensent que la communauté internationale finira par reconnaître leur état fantôme. Et remercient le grand frère russe de les avoir reconnus.
Prise de guerre. Les soldats abkhazes montrent fièrement un char pris en août 2008 aux Géorgiens dans la vallée de Kodori, où se trouvait une importante base militaire géorgienne.
Barrage de Tskhinvali. A l’issue de la guerre d’août 2008, la Russie a reconnu l’indépendance d’une autre région située au cœur du territoire géorgien : L’Ossétie du sud.
Khibla, une jeune patriote, veut devenir chef du protocole abkhaze. Elle aussi est déçue de la réaction de la communauté internationale, mais elle mise sur le temps le développement économique de son « pays » pour la convaincre.
Miss Abkhazie devant l’ancien Parlement soviétique, brulé par les Géorgiens pendant la guerre de 1992-1993, et devenu le symbole de Sukhoumi.
Un couple nostalgique du temps où Géorgiens et Abkhazes vivaient en paix.