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STEPHANE REMAEL

Caddies

 

Qu’emporte-t-on quand on laisse tout derrière soi ?

Paradoxalement, il y a peu d’effets personnels dans les caddies que poussent les sans-abri. Parfois une photo d’identité, une adresse griffonnée sur un bout de papier, sont les seuls fantômes d’une vie brisée. Mais le plus souvent, dans leur maison mobile, on ne trouve que des objets de récupération, des vieilles couvertures, des détritus, du consommé. Leurs seules richesses. Les caddies sont le signe d’une très grande exclusion. Grâce à eux, les sans-abri sont « autonomes » : ils se passent des autres. Ils s’arrêtent, mangent et dorment là où ils veulent ; n’ont besoin ni des centres d’accueil ni des mains tendues. Dans la rue, ces grands exclus (10% des sans-abri) sont les plus démunis. Leur vie vogue sur quatre roues.

Léna Mauger

Mihaï, 24 ans.	
6 mois de rue.
Bruno, 47 ans.
17 ans de rue.
Mehdi, 39 ans.
3 ans de rue.
Stéla, 18 ans.	
8 mois de rue en France.
L’indien, 54 ans.
31 ans de rue.
Jean Luc, 55 ans. 
21 ans de rue.
Popey, 48 ans.
8 ans de rue.
Evan Marek, 38 ans.
14 mois de rue en France.
Gorki, 49 ans.	
1 ans de rue en France.
Mihaï, 24 ans. 6 mois de rue.
Bruno, 47 ans. 17 ans de rue.
Mehdi, 39 ans. 3 ans de rue.
Stéla, 18 ans. 8 mois de rue en France.
L’indien, 54 ans. 31 ans de rue.
Jean Luc, 55 ans. 21 ans de rue.
Popey, 48 ans. 8 ans de rue.
Evan Marek, 38 ans. 14 mois de rue en France.
Gorki, 49 ans. 1 ans de rue en France.