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STEPHANE REMAEL

Porteurs de sons

 

Les montagnards de la vallée de Mugu au Népal vivent en quasi-autarcie. La première route est à six jours de marche du petit village de Jadépani. Ces agriculteurs sans électricité ni accès à la presse ignorent souvent tout de la vie à Katmandou, la capitale.
Ces jeunes Népalais ont découvert un moyen de communication qui semblerait obsolète ailleurs : le bon vieux poste de radio.
Ils ont économisé pendant des mois pour s’offrir ces transistors avec lesquels ils colportent fièrement les nouvelles d’une vallée à l’autre. Ils écoutent aussi les chants traditionnels et les dernières tendances musicales locales. Ces radios sont devenues l’unique liaison entre cette région et le reste du pays. Au fil du temps, leurs propriétaires se sont confectionné des housses pour ne jamais quitter leur précieuse source d’information.
C’est grâce à ces porteurs que, le 28 mai dernier, les montagnards ont vécu en direct un événement historique: l'abolition de la monarchie népalaise et la naissance de la première république démocratique du pays.
Cet été, les habitants de la vallée de Mugu ont appris l’élection de Ram Baran Yadav, membre du Congrès népalais, à la présidence de la république. Le 15 Août, c’est le chef des maoïstes, Prachanda, qui est élu Premier ministre après vingt-cinq ans de clandestinité. Aujourd’hui, la plus jeune république du monde enterre deux siècles de monarchie hindouiste mais vit toujours à l’heure de ces porteurs de sons.

ZET BAHADUR BIK, 15 ans. Agriculteur.
Il a acheté cette radio d’occasion en 2006 pour 800 roupies, à un ami d’un village voisin. Il n’arrivait pas à en trouver une dans les magasins de la vallée.
Il n’écoute que les informations et aime les annoncer sur la place du village.
GORKHA NATH YOGEE, 19 ans. Agriculteur.
Il achetée sa radio neuve en 2005. Il s’est fabriqué lui-même une housse de transport. Depuis, il ne la quitte jamais, pas même pour les travaux des champs. Il préfère écouter de la musique traditionnelle plutôt que les nouvelles.
DABAL NATH YOGEE, 20 ans. Agriculteur.
Il est fier d’avoir pu s’acheter une radio en 2006 grâce à ses économies.
Il l’écoute partout et tout le temps : à la maison, quand il travaille aux champs ou quand il se déplace à pied. Souvent il chante plus fort encore que la musique.
Mais pour l’instant, il n’a plus les moyens de s’acheter les piles.
JALON NATH YOGEE, 16 ans. Élève dans un village à une heure de marche.
Il a réussi à s’offrir cette radio en 2006.
Il n’ose pas encore l’emmener à l’école de peur des jaloux. Mais il l‘écoute dès qu’il rentre chez lui au village. Quand il a annoncé la chute de la monarchie à sa famille, personne ne l’a cru. Puis chacun a pu l’entendre de ses propres oreilles.
TARA SINGU NEPALI, 19 ans. Vendeur dans une boutique.
Il aimerait changer de radio - un cadeau de son grand frère, il y a 5 ans - car la sienne grésille trop. L’année prochaine, il aura suffisamment économisé pour s’en acheter une neuve. Avec les infos, il s‘est passionné pour la politique et lance souvent de grands débats au village.
HASTENEPALI, 16 ans. Ecolier.
Il s’est acheté cette radio en 2005 (770 roupies) lors d’un travail saisonnier en Inde. Au réveil, son premier réflexe est d’allumer son transistor. Puis il l’accompagne toute la journée. Il écoute surtout des musiques transcendantales.
PADAM BANADUR SHAHI, 13 ans. Ecolier.
Il n’a pas encore l’âge d’avoir une radio, alors il emprunte quotidiennement celle de son père. Il économise depuis plusieurs mois et dès qu’il aura la somme suffisante, il ira dans une grande ville pour s’acheter sa propre radio.
LOK JUNG BUDHA, 17 ans. Agriculteur.
Il revient d’Inde où il a réussi à s’offrir une radio avec ses premiers salaires.
Sa mère lui a confectionné une housse pour la protéger et pour qu’il puisse l’emporter quand il travaille dans les champs. Ce qu’il préfère, ce sont les mélodies romantiques.
LAL BAHADUR BUMI, 36 ans. Responsable d’un magasin.
C’est un des précurseurs de la radio dans la vallée. Quand il s’est baladé fièrement dans le village avec un poste en 2001, tous les jeunes ont voulu l’imiter. Il préfère écouter de la « folk music », assez difficile à trouver sur les ondes népalaises.
ZET BAHADUR BIK, 15 ans. Agriculteur. Il a acheté cette radio d’occasion en 2006 pour 800 roupies, à un ami d’un village voisin. Il n’arrivait pas à en trouver une dans les magasins de la vallée. Il n’écoute que les informations et aime les annoncer sur la place du village.
GORKHA NATH YOGEE, 19 ans. Agriculteur. Il achetée sa radio neuve en 2005. Il s’est fabriqué lui-même une housse de transport. Depuis, il ne la quitte jamais, pas même pour les travaux des champs. Il préfère écouter de la musique traditionnelle plutôt que les nouvelles.
DABAL NATH YOGEE, 20 ans. Agriculteur. Il est fier d’avoir pu s’acheter une radio en 2006 grâce à ses économies. Il l’écoute partout et tout le temps : à la maison, quand il travaille aux champs ou quand il se déplace à pied. Souvent il chante plus fort encore que la musique. Mais pour l’instant, il n’a plus les moyens de s’acheter les piles.
JALON NATH YOGEE, 16 ans. Élève dans un village à une heure de marche. Il a réussi à s’offrir cette radio en 2006. Il n’ose pas encore l’emmener à l’école de peur des jaloux. Mais il l‘écoute dès qu’il rentre chez lui au village. Quand il a annoncé la chute de la monarchie à sa famille, personne ne l’a cru. Puis chacun a pu l’entendre de ses propres oreilles.
TARA SINGU NEPALI, 19 ans. Vendeur dans une boutique. Il aimerait changer de radio - un cadeau de son grand frère, il y a 5 ans - car la sienne grésille trop. L’année prochaine, il aura suffisamment économisé pour s’en acheter une neuve. Avec les infos, il s‘est passionné pour la politique et lance souvent de grands débats au village.
HASTENEPALI, 16 ans. Ecolier. Il s’est acheté cette radio en 2005 (770 roupies) lors d’un travail saisonnier en Inde. Au réveil, son premier réflexe est d’allumer son transistor. Puis il l’accompagne toute la journée. Il écoute surtout des musiques transcendantales.
PADAM BANADUR SHAHI, 13 ans. Ecolier. Il n’a pas encore l’âge d’avoir une radio, alors il emprunte quotidiennement celle de son père. Il économise depuis plusieurs mois et dès qu’il aura la somme suffisante, il ira dans une grande ville pour s’acheter sa propre radio.
LOK JUNG BUDHA, 17 ans. Agriculteur. Il revient d’Inde où il a réussi à s’offrir une radio avec ses premiers salaires. Sa mère lui a confectionné une housse pour la protéger et pour qu’il puisse l’emporter quand il travaille dans les champs. Ce qu’il préfère, ce sont les mélodies romantiques.
LAL BAHADUR BUMI, 36 ans. Responsable d’un magasin. C’est un des précurseurs de la radio dans la vallée. Quand il s’est baladé fièrement dans le village avec un poste en 2001, tous les jeunes ont voulu l’imiter. Il préfère écouter de la « folk music », assez difficile à trouver sur les ondes népalaises.