Réfugiés Darfouris en France
Qui sait qu’il y a autant de réfugiés du Darfour dans le nord de la France ? Depuis l’hiver 2004, où le premier arriva un peu par hasard, c’est à la porte du révérend Jean-Marie Matadi Ngazuba, un évangéliste originaire du Congo, qu’ils vont tous frapper. Logés temporairement par l’association du père Ngazuba, le « Bon Samaritain », les rescapés s’organisent ensuite de manière autonome pour vivre une autre vie, au sein d’une communauté arrageoise très unie : avec, bien sûr, l’espoir d’obtenir un jour un statut de réfugié politique, qui leur permettrait de travailler et de se reconstruire. On compte aujourd’hui plus de 350 darfouris à Arras, de toutes les ethnies (zaghawas, four et massalit principalement) mais seulement 1 sur 6 a obtenu, pour l’instant, le statut de réfugié politique. Nous avons passé un long moment auprès de ces miraculés, pour essayer de retracer le chemin de leur calvaire, celui de leur exode et celui de leur avenir : de leur errance du sud jusqu’au nord du Darfour après le massacre de leurs proches, à leur pérégrination à travers le désert en Libye, à leur voyage par cargo jusqu’au port de Marseille et enfin à l’arrivée à Arras, ils nous ont raconté leur fuite désespérée vers un port de salut. A Arras, ils se remettent lentement des tortures subies et profitent, pour la première fois depuis de longues années, d’un sentiment de sécurité, tempéré constamment par la pensée angoissante de leur famille restée au pays. Récit d’une renaissance douloureuse.
Cécile Allegra







