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STEPHANE REMAEL

Réfugiés Darfouris en France

 

Qui sait qu’il y a autant de réfugiés du Darfour dans le nord de la France ?  Depuis l’hiver 2004, où le premier arriva un peu par hasard, c’est à la porte du révérend Jean-Marie Matadi Ngazuba, un évangéliste originaire du Congo, qu’ils vont tous frapper. Logés temporairement par l’association du père Ngazuba, le « Bon Samaritain », les rescapés s’organisent ensuite de manière autonome pour vivre une autre vie, au sein d’une communauté arrageoise très unie : avec, bien sûr, l’espoir d’obtenir un jour un statut de réfugié politique, qui leur permettrait de travailler et de se reconstruire. On compte aujourd’hui plus de 350 darfouris à Arras, de toutes les ethnies (zaghawas, four et massalit principalement) mais seulement 1 sur 6 a obtenu, pour l’instant, le statut de réfugié politique. Nous avons passé un long moment auprès de ces miraculés, pour essayer de retracer le chemin de leur calvaire, celui de leur exode et celui de leur avenir : de leur errance du sud jusqu’au nord du Darfour après le massacre de leurs proches, à leur pérégrination à travers le désert en Libye, à leur voyage par cargo jusqu’au port de Marseille et enfin à l’arrivée à Arras, ils nous ont raconté leur fuite désespérée vers un port de salut. A Arras, ils se remettent lentement des tortures subies et profitent, pour la première fois depuis de longues années, d’un sentiment de sécurité, tempéré constamment par la pensée angoissante de leur famille restée au pays. Récit d’une renaissance douloureuse.

Cécile Allegra

Le Révérend Ngazouba. Fondateur en 1994 de la seule église évangélique d'Arras, ce pasteur congolais, lui même ancien immigré, accueille depuis trois ans des réfugiés de toute la province du Darfour, qui débarquent ici grâce au bouche à oreille.
Dans l’Eglise Evangélique d’Arras, on prie, on danse et on chante. Le pasteur accompagne les hymnes de sa guitare électrique, et les réfugiés viennent parfois en voisins assister au culte, même s’ils ne comprennent pas la langue.
Niangour Chafi était éleveur de chameaux près de Kawala. Ce n’est que trois ans après le massacre de sa famille qu’il a réussi à s’enfuir vers le nord du pays. Emprisonné pendant des mois, il porte les stigmates des traitements infligés par ses tortionnaires : brûlures au fer rouge sur le front, section du talon d’Achille, séances de passage à tabac telles que son estomac ne s’en est jamais remis. Aujourd’hui, il va se faire opérer.
Abderrahmane Dut, 28 ans, est arrivé début 2006 après six mois d'errance à travers le Soudan et la Lybie. Ancien étudiant en physique, il est originaire de Gereida, un chef-lieu du sud-Darfour qui a longtemps abrité le plus grand camp de réfugiés du pays. Aujourd'hui mise à feu et à sang, la province s'est vidée de ses habitants.
Soulafa, 27 ans, a pu quitter le Darfour pour accompagner son frère Ali. Ce jeune fermier, 25 ans, a été jeté en prison à Khartoum pendant quatre mois : les tortures et les privations répétées lui ont fait perdre la vue.
Christelle, 38 ans, est agent commercial à Arras. Convertie il y a 14 ans au protestantisme évangélique par le Révérend Ngazouba, elle suit les 170 dossiers de demande d'asile gérés par l'association du Bon Samaritain. C'est elle qui fait le lien avec la Préfecture et les services sociaux.
Ousmane Altom, est né au Kordofan et a migré avec sa famille au Darfour. Ce jeune zaghawa de 28 ans fait partie des chanceux : il a obtenu en 2006 son statut de réfugié politique. Depuis mars, il a emménagé dans un 38m2, à deux pas de son nouveau job : il avoue être fier du chemin qu’il a accompli. Ousmane vient de s’offrir le câble pour capter les JT d’Al-Jezira: quand il entend les news, dit-il, sa joie de vivre s’envole.
Yasser Khalil, 26 ans, s’est si bien intégré qu’il est devenu l’ami de Zsara, une jeune lycéenne arrageoise de15 ans, qui donne des cours d’alphabétisation dans le foyer. La famille de Zsara a adopté le jeune homme, au point de l’inviter à toutes les fêtes. Ici, Yasser suit la cérémonie de mariage de la mère de Zsara.
Le Révérend Ngazouba. Fondateur en 1994 de la seule église évangélique d'Arras, ce pasteur congolais, lui même ancien immigré, accueille depuis trois ans des réfugiés de toute la province du Darfour, qui débarquent ici grâce au bouche à oreille.
Dans l’Eglise Evangélique d’Arras, on prie, on danse et on chante. Le pasteur accompagne les hymnes de sa guitare électrique, et les réfugiés viennent parfois en voisins assister au culte, même s’ils ne comprennent pas la langue.
Niangour Chafi était éleveur de chameaux près de Kawala. Ce n’est que trois ans après le massacre de sa famille qu’il a réussi à s’enfuir vers le nord du pays. Emprisonné pendant des mois, il porte les stigmates des traitements infligés par ses tortionnaires : brûlures au fer rouge sur le front, section du talon d’Achille, séances de passage à tabac telles que son estomac ne s’en est jamais remis. Aujourd’hui, il va se faire opérer.
Abderrahmane Dut, 28 ans, est arrivé début 2006 après six mois d'errance à travers le Soudan et la Lybie. Ancien étudiant en physique, il est originaire de Gereida, un chef-lieu du sud-Darfour qui a longtemps abrité le plus grand camp de réfugiés du pays. Aujourd'hui mise à feu et à sang, la province s'est vidée de ses habitants.
Soulafa, 27 ans, a pu quitter le Darfour pour accompagner son frère Ali. Ce jeune fermier, 25 ans, a été jeté en prison à Khartoum pendant quatre mois : les tortures et les privations répétées lui ont fait perdre la vue.
Christelle, 38 ans, est agent commercial à Arras. Convertie il y a 14 ans au protestantisme évangélique par le Révérend Ngazouba, elle suit les 170 dossiers de demande d'asile gérés par l'association du Bon Samaritain. C'est elle qui fait le lien avec la Préfecture et les services sociaux.
Ousmane Altom, est né au Kordofan et a migré avec sa famille au Darfour. Ce jeune zaghawa de 28 ans fait partie des chanceux : il a obtenu en 2006 son statut de réfugié politique. Depuis mars, il a emménagé dans un 38m2, à deux pas de son nouveau job : il avoue être fier du chemin qu’il a accompli. Ousmane vient de s’offrir le câble pour capter les JT d’Al-Jezira: quand il entend les news, dit-il, sa joie de vivre s’envole.
Yasser Khalil, 26 ans, s’est si bien intégré qu’il est devenu l’ami de Zsara, une jeune lycéenne arrageoise de15 ans, qui donne des cours d’alphabétisation dans le foyer. La famille de Zsara a adopté le jeune homme, au point de l’inviter à toutes les fêtes. Ici, Yasser suit la cérémonie de mariage de la mère de Zsara.